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 LA DOMUS DE VÉSONE, SITE ARCHÉOLOGIQUE GALLO-ROMAIN


La découverte du site archéologique

Cette vaste demeure antique (domus en latin) fut découverte en 1959. L'Office Départemental d'Habitation à Loyer Modéré prévoyait de construire un ensemble d'immeubles sur un terrain jouxtant la célèbre Tour de Vésone (coeur d'un grand temple dédié à la déesse tutélaire de la ville antique).

Les premiers sondages archéologiques rencontrèrent alors des murs gallo-romains ornés d'enduits peints sur une hauteur d'environ un mètre. Le projet de construction fut abandonné. Les fouilles se sont ensuite succédées, révélant un site exceptionnel.

Le terrain de la domus "des Bouquets" (du nom de la rue qui bordait le site) fut classé Monument Historique le 25 octobre 1963.


Un site gallo-romain exceptionnel

Ce site s’est rapidement distingué par son ampleur (environ 4000 m² au sol), par l’élévation des murs Intérieur du musée : tête féminine conservés (1 mètre environ) et, surtout, par l’exceptionnel ensemble de peintures murales retrouvées en place dans l’aile ouest de la maison. C’est grâce à ce dernier que le site fut classé Monument Historique.

D’autres enduits peints nous sont parvenus à l’état fragmentaire, comme le grand ensemble dit "peinture aux gladiateurs" restauré en 1998 et la fresque ornée d’une riche faune marine décorant l’extérieur du terre-plein central du jardin.


Evolution de la domus

La domus des Bouquets fut construite au cours de la première moitié du 1er siècle de notre ère, sur un plan classique se développant autour d’un jardin entouré d’une galerie à colonnade (péristyle). Les peintures trouvées in situ par les archéologues datent de cette période.

Au cours du 2ème siècle, la maison fut remblayée pour être surélevée d’environ un mètre. C’est grâce à ce rehaussement qu’on été conservées les peintures de la première maison.

Sur son plan d’origine, la domus est élargie et enrichie : construction de deux péristyles au nord, aménagement d’un espace de bains privés (balnéaire), de structures de chauffage par le sol (hypocauste) et d’un grand terre-plein avec bassin dans le jardin.


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Protection et restauration du site

Le pari pour l’architecte était extrêmement délicat : construire une vaste structure moderne intégrant des vestiges archéologiques présents également à l’extérieur, ne pas les dégrader, les mettre en valeur. La solution apportée par Jean Nouvel est des plus satisfaisantes : seuls quatorze poteaux sont plantés dans le sol archéologique pour soutenir la vaste toiture.

Le public circule sur un platelage (plancher en bois) contournant les têtes de mur et les espaces particulièrement remarquables.


La restauration du site

L'intérieur du musée. au fond le mur épais abrite les collections
L’architecte en chef des monuments historiques, Philippe Oudin, a été le maître d’oeuvre de la restauration du site : enlèvement des protections provisoires datant des années 1960, restauration des maçonneries intérieures et extérieures au musée, traitement des sols, accrochage des peintures murales.


Les fouilles

> 1960-1968
Fouilles sous la direction de Claude Barrière et Max Sarradet
Les fouilles mettent au jour la partie centrale de deux grandes demeures urbaines successives organisées autour d'un jardin à péristyle (salles de réception ornées de peintures murales, cuisine, bains privés ect...)

> 1973-1977
Fouilles sous la direction de Anne et Jean-Luc Tobie et de Marc Gauthier
Les fouilles s'étendent au nord, vers la rue antique, où un péristyle occupé par un grand bassin est mis au jour. Dans le secteur est, une grande pompe en bois est sortie d'un puits. Les salles de réception de l'aile sud sont fouillées et la fresque aux gladiateurs, de l’état antérieur, est découverte.

> 1992
Fouilles sous la direction de Claudine Girardy-Caillat
Des sondages préalables au concours d'architecture permettent de confirmer des installations métallurgiques au sud de la maison, ainsi que le mur du péribole du temple à l'est.

> 1995
Fouilles sous la direction de Claudine Girardy-Caillat
Il s'agit de préparer la construction du futur musée gallo-romain en fouillant, au sud-ouest du grand chêne vert, la zone destinée à recevoir la machinerie de l'ascenseur et au sud l'extrémité du "mur épais" (installations métallurgiques).

> 1999
Fouilles AFAN (Association pour les Fouilles Archéologiques Nationales), sous la direction de Luc Wozny
Décapage de la totalité de la surface du “mur épais” du futur musée. Les fondations du nouveau bâtiment se posent juste au dessus du dernier niveau d'habitation antique, sans le détruire.
Les archéologues mettent au jour le dernier état d'habitation de la maison dans ce secteur qui n'avait jamais été fouillé, ainsi qu'une portion de la rue antique au nord.

> 2000
Fouilles AFAN, sous la direction de Luc Wozny
Fouille complémentaire sous le futur accueil du musée (la rue, le trottoir à portique et la bordure de la maison) et sous le socle de grue (forge).


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